ICPE Acoustique

Réglementation — ICPE Acoustique

Arrêté du 23 janvier 1997 relatif aux bruits émis par les ICPE

Analyse article par article du texte fondateur de la réglementation acoustique des installations classées : champ d'application, seuils, méthode de mesure et obligations de contrôle.

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Présentation du texte

Genèse et portée de l'arrêté du 23 janvier 1997

Publié au Journal officiel du 27 mars 1997 et applicable à compter du 1er juillet 1997, l'arrêté du 23 janvier 1997 relatif à la limitation des bruits émis dans l'environnement par les installations classées pour la protection de l'environnement est le texte de référence de l'acoustique industrielle en France. Il a remplacé l'arrêté du 20 août 1985 pour les ICPE soumises à autorisation et introduit une méthode de mesure normalisée, un tableau d'émergences conditionnelles et une obligation de contrôle périodique par un organisme qualifié.

Le texte est toujours en vigueur en 2026 dans sa rédaction originale, sans modification substantielle depuis sa publication. Son application s'est en revanche durcie : les contrôles périodiques se sont intensifiés depuis 2025 et les inspecteurs de la DREAL ont été renforcés dans leur mission de vérification des conformités acoustiques.

Installations concernées

Les dispositions de l'arrêté sont applicables aux installations nouvelles dont l'arrêté d'autorisation est postérieur au 1er juillet 1997, ainsi qu'aux installations existantes faisant l'objet d'une modification autorisée postérieurement à cette date. Lorsque plusieurs installations classées sont situées au sein d'un même établissement, les dispositions s'appliquent au bruit global émis par l'ensemble des activités, y compris le bruit émis par les véhicules et engins de manutention utilisés à l'intérieur de l'établissement.

Vocabulaire réglementaire

L'arrêté définit précisément les notions d'émergence, de bruit ambiant, de bruit résiduel, de bruit particulier et de zone à émergence réglementée (ZER). Ces définitions sont celles qui s'appliquent dans tout rapport acoustique relatif à une ICPE et dans toute procédure administrative correspondante. Toute interprétation divergente de ces définitions dans un rapport ou une correspondance avec l'administration est susceptible d'être contestée.

Seuils réglementaires : niveaux limites et émergences

L'article 3 fixe les deux critères acoustiques cumulatifs que doit respecter toute ICPE soumise à autorisation. D'une part, les niveaux limites en limite de propriété ne peuvent dépasser 70 dB(A) en période diurne et 60 dB(A) en période nocturne. D'autre part, les émergences en ZER ne peuvent dépasser 6 dB(A) le jour et 3 dB(A) la nuit (lorsque le bruit ambiant est supérieur à 35 dB(A)), ou 6 dB(A) le jour et 4 dB(A) la nuit (lorsque le bruit ambiant est inférieur ou égal à 35 dB(A)). Le non-respect de l'un ou l'autre de ces critères caractérise une non-conformité réglementaire.

L'article 3 précise également que lorsque le bruit particulier de l'établissement présente une tonalité marquée, sa durée d'apparition ne peut excéder 30 % de la durée de fonctionnement sur chacune des périodes diurne ou nocturne.

Bruit des véhicules de transport et engins de manutention

Les véhicules de transport, les matériels de manutention et les engins de chantier utilisés à l'intérieur de l'établissement doivent être conformes aux dispositions réglementaires en vigueur relatives à leurs émissions sonores. Le bruit qu'ils génèrent à l'intérieur du périmètre de l'établissement est inclus dans le bruit global de l'installation soumis aux seuils de l'arrêté. Les livraisons et déchargements nocturnes constituent souvent la source dominante de dépassement pour les sites logistiques.

Obligation de mesure par un organisme qualifié

L'exploitant doit faire réaliser périodiquement, à ses frais, une mesure des niveaux d'émission sonore de son établissement par une personne ou un organisme qualifié choisi après accord de l'inspection des installations classées. Les emplacements de mesure et la périodicité sont fixés par l'arrêté d'autorisation. Ces emplacements sont définis de façon à apprécier le respect des valeurs limites d'émergence dans les zones où elle est réglementée. Les rapports de mesures doivent être tenus à la disposition de l'inspection.

La norme NF S 31-010 comme référence méthodologique

L'annexe de l'arrêté définit la méthode de mesure applicable, basée sur les principes de la norme NF S 31-010 « Caractérisation et mesurage des bruits de l'environnement ». Elle distingue la méthode d'expertise (la plus rigoureuse, utilisant des sonomètres de classe 1 et des durées de mesure minimales d'une demi-heure par point) de la méthode de contrôle (applicable aux situations sonores simples). Elle précise les indicateurs à utiliser (LAeq en règle générale, L50 en présence de bruits intermittents lorsque la différence LAeq − L50 est supérieure à 5 dB(A)), les conditions météorologiques admissibles et la procédure de détection des tonalités marquées par analyse en tiers d'octave.

Sanctions

Quelles sont les sanctions en cas de non-conformité acoustique ICPE ?

Le non-respect des obligations acoustiques fixées par l'arrêté du 23 janvier 1997 ou par l'arrêté préfectoral expose l'exploitant à une procédure administrative graduée pouvant aller jusqu'aux sanctions pénales prévues par l'article L514-11 du code de l'environnement.

1
Mise en demeure préfectorale

Lorsqu'un inspecteur de la DREAL ou des services compétents constate un dépassement des seuils réglementaires ou un manquement aux obligations de contrôle, le préfet peut mettre en demeure l'exploitant de se conformer dans un délai fixé. La mise en demeure précise les manquements constatés et les mesures à prendre.

2
Mesures conservatoires

En cas d'urgence ou de risque grave pour le voisinage, le préfet peut ordonner des mesures conservatoires : limitation des horaires de fonctionnement, réduction des cadences de production, ou suspension temporaire de l'activité bruyante, sans attendre l'issue de la procédure de mise en conformité.

3
Sanctions administratives et consignation

En l'absence de mise en conformité dans le délai imparti, le préfet peut ordonner la consignation entre les mains d'un comptable public d'une somme correspondant au coût des travaux à réaliser. Le montant consigné est utilisé pour l'exécution d'office des travaux si l'exploitant ne s'exécute pas.

4
Sanctions pénales

L'article L514-11 du code de l'environnement prévoit des sanctions pénales en cas d'exploitation sans autorisation, de non-respect d'une mise en demeure ou de manœuvres frauduleuses : jusqu'à 75 000 € d'amende et 6 mois d'emprisonnement en première instance, et jusqu'à 150 000 € d'amende et 2 ans d'emprisonnement en cas de non-respect d'une mise en demeure restée sans suite.

5
Suspension ou fermeture administrative

Dans les cas les plus graves, notamment en cas de nuisances acoustiques persistantes malgré plusieurs mises en demeure, le préfet peut ordonner la suspension partielle ou totale de l'activité, voire la fermeture de l'installation.

Vérifier la conformité de votre site

Anticiper avant l'inspection plutôt que subir la mise en demeure

Un audit acoustique préventif permet d'identifier les éventuels écarts avec les prescriptions de votre arrêté préfectoral et de les corriger avant toute intervention administrative.

  • Analyse de vos prescriptions préfectorales
  • Mesures de bruit résiduel et particulier
  • Vérification des niveaux limites et émergences
  • Rapport de conformité transmissible à la DREAL